R30, R60, R90, R120… ces codes apparaissent sur tous les plans de sécurité incendie, dans les procès-verbaux d'essais et dans les avis des bureaux de contrôle. Ils définissent ce qu'un bâtiment doit être capable de supporter en cas d'incendie. Pour le maître d'ouvrage et le maître d'œuvre, comprendre ces classes est essentiel : c'est de là que découle l'épaisseur de flocage coupe-feu à appliquer sur la structure.
Ce que signifie la lettre R
La classification européenne en vigueur (norme NF EN 13501-2) repose sur trois critères désignés par des lettres :
- R— Résistance mécanique : capacité portante de l'élément (poteaux, poutres, planchers porteurs)
- E — Étanchéité aux flammes et aux gaz chauds (parois, portes)
- I — Isolation thermique : la face non exposée ne dépasse pas la température réglementaire
Pour le flocage coupe-feu, on travaille presque exclusivement sur le critère R, parce qu'il protège la structure porteuse en acier ou en béton. Le chiffre qui suit indique la durée en minutes pendant laquelle la fonction doit être maintenue dans un feu normalisé ISO 834.
R30, R60, R90, R120 : à quoi ça correspond
Chaque palier correspond à un objectif réglementaire précis. Voici comment lire ces classes sur un dossier de sécurité incendie :
- R30 (30 minutes) — Stabilité minimale exigée. On la rencontre sur les petits ERP de 5e catégorie à un seul niveau, certains bâtiments artisanaux ou des parkings de très faible capacité.
- R60 (1 heure)— Le niveau le plus courant en France. Il s'applique à la grande majorité des ERP, aux immeubles d'habitation collectifs de la 2e à la 3e famille et aux parkings classiques.
- R90 (1h30) — Exigé pour les ERP de grande capacité, les bâtiments industriels classés et certains parkings souterrains de capacité moyenne.
- R120 (2 heures) — Niveau requis pour les immeubles de grande hauteur (IGH), les parkings souterrains importants, les ICPE soumises à autorisation et la plupart des entrepôts logistiques.
Au-delà, on rencontre R180 (3 h) et R240 (4 h) sur les tunnels, certains ouvrages d'art et les installations industrielles sensibles.
Pourquoi ces durées ?
Les durées de stabilité ne sont pas arbitraires : elles correspondent au temps nécessaire pour que les occupants évacuent et que les secours interviennent en sécurité. Plus la population à protéger est nombreuse, plus l'évacuation est lente, plus la durée exigée augmente. Une tour de bureaux de 30 étages ne s'évacue pas en 30 minutes : il faut R120 pour donner aux pompiers le temps d'agir sans risque d'effondrement.
Quel impact sur le flocage ?
L'acier perd 50 % de sa capacité portante autour de 550 °C. Or en feu normalisé, cette température est atteinte en moins de 10 minutes sur un profilé non protégé. Le rôle du flocage coupe-feu est de retarder cette montée en température. Plus la classe R visée est élevée, plus l'épaisseur de flocage augmente.
À titre indicatif, sur une poutrelle IPE 300 avec une température critique de 620 °C :
- R30 → environ 7 à 10 mm de flocage pâteux
- R60 → environ 13 à 16 mm
- R90 → environ 20 à 23 mm
- R120 → environ 27 à 32 mm
La méthodologie complète de calcul est détaillée dans notre article Épaisseur de flocage coupe-feu : comment la calculer ? Le choix du produit influe également : un flocage pâteux atteindra une classe donnée avec moins d'épaisseur qu'un flocage fibreux, mais ce dernier reste plus léger et souvent plus économique au m².
Qui fixe la classe R d'un projet ?
La classe applicable ne se choisit pas : elle découle de la nature du bâtiment et de la réglementation. Plusieurs intervenants la déterminent ou la valident :
- Le bureau d'études sécurité incendie définit les exigences au stade du permis de construire
- Le bureau de contrôle vérifie la cohérence du projet avec la réglementation (ERP, IGH, code du travail, ICPE)
- La commission de sécurité ou les pompiers valident le dossier avant ouverture du bâtiment
- L'ingénieur structureprécise la température critique de chaque élément, ce qui complète l'exigence R
R, REI, REI-M : ne pas confondre
On rencontre aussi des classifications combinées : REI60 pour une dalle (capacité portante + étanchéité + isolation), REI-M120 pour une paroi devant résister à un choc mécanique en plus du feu, ou simplement EI30 pour une porte coupe-feu. Sur les structures floquées, la lecture reste centrée sur le R — les autres lettres concernent les parois et planchers, qui relèvent du bâti et non du flocage.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence entre stabilité au feu et résistance au feu ?
Dans le langage courant, les deux termes sont utilisés indifféremment. La norme NF EN 13501-2 parle de résistance au feu, qui regroupe les critères R (stabilité), E (étanchéité) et I (isolation). La stabilité au feu (R) est donc une composante de la résistance au feu.
Un bâtiment R60 peut-il être surclassé en R120 ?
Oui, en ajoutant de l'épaisseur de flocage sur la structure existante, sous réserve de compatibilité du produit et d'une bonne adhérence du flocage déjà en place. Un diagnostic préalable est indispensable.
Le flocage suffit-il pour atteindre R120 ?
Oui, le flocage coupe-feu certifié permet d'atteindre jusqu'à R240 sur structure métallique, à condition de respecter l'épaisseur prescrite par le PV d'essai du produit et la température critique des éléments.