iProjex

Flocage de plancher béton

Dalle pleine, poutre, hourdis : les épaisseurs viennent du PV du produit, pas d'une estimation.

Le béton se protège déjà, mais pas toujours assez longtemps

Contrairement à une charpente métallique, un plancher béton n'a pas besoin d'être floqué par principe. Le béton est massif, mauvais conducteur de chaleur, et l'enrobage des armatures leur sert déjà de bouclier. Une dalle correctement dimensionnée tient souvent son degré réglementaire sans aucune protection rapportée.

Le flocage intervient quand cette réserve ne suffit plus. Quatre situations reviennent :

  • L'enrobage est insuffisant au regard du degré exigé, ce qui est courant sur les ouvrages antérieurs aux règles actuelles.
  • La dalle est mince, ou la section a été réduite par un percement, une trémie ou un carottage.
  • Le degré a été relevé, par changement de destination du bâtiment ou par prescription de la commission de sécurité.
  • Le calcul le demande, tout simplement, après vérification de la structure existante.

C'est donc la note de calcul qui décide, jamais une règle générale. Nous ne floquons pas un plancher béton parce qu'il est en béton, mais parce qu'un calcul montre qu'il en a besoin.

Trois familles de planchers, trois comportements

Le mot « plancher béton » recouvre des ouvrages qui ne réagissent pas de la même façon, et dont les PV donnent des épaisseurs distinctes.

  • La dalle pleine, coulée en place ou préfabriquée. C'est le cas le plus simple : matière continue, comportement homogène, et les PV la couvrent à partir d'une épaisseur minimale de béton, généralement 12 cm.
  • La poutre béton, traitée séparément de la dalle qu'elle porte. Exposée sur trois faces, elle demande davantage d'épaisseur qu'une dalle à degré égal, et les PV lui réservent une ligne à part à partir d'une hauteur minimale.
  • Le plancher hourdis, brique et poutrelles béton. Très répandu dans le parc francilien des années 1950 à 1980, il combine des matériaux de comportements différents : c'est la géométrie de l'ouvrage, pas seulement sa masse, qui commande l'épaisseur.

Épaisseurs certifiées par les PV

Voici ce que donnent les procès-verbaux des produits que nous posons. Ces chiffres ne sont pas des moyennes du marché ni des estimations : ce sont les valeurs des PV, avec les conditions qu'ils posent.

SupportProduitREI 30REI 60REI 90REI 120REI 180REI 240
Dalle béton (≥ 12 cm)Isoflam SMfibreux—15 mm15 mm20 mm25 mm30 mm
Dalle bétonRokisol Ppâteux—15 mm15 mm15 mm20 mm25 mm
Poutre béton (≥ 15 cm)Isoflam SMfibreux—15 mm20 mm20 mm30 mm40 mm
Poutre bétonRokisol Ppâteux—15 mm20 mm25 mm35 mm40 mm
Plancher hourdis brique et poutrelles bétonIsoflam SMfibreux15 mm15 mm25 mm31 mm42 mm42 mm

Épaisseurs relevées dans les PV des produits. Un tiret signifie que le PV ne couvre pas ce degré sur ce support : la valeur n'est pas extrapolée. Ces épaisseurs valent pour les éléments surfaciques ; un profil porteur en acier se dimensionne à partir de son facteur de massiveté. Toute application fait l'objet d'une note de calcul propre au chantier.

Deux lectures utiles. D'abord, une poutre demande plus qu'une dalle à degré égal, parce qu'elle est chauffée sur trois faces au lieu d'une. Ensuite, le hourdis demande plus que la dalle pleine dès REI 90, ce qui surprend souvent et se vérifie pourtant sur les deux produits.

Les conditions comptent autant que les chiffres. La ligne « dalle béton » d'Isoflam SM vaut pour une épaisseur de béton d'au moins 12 cm, celle de la poutre à partir de 15 cm. En deçà, le PV ne s'applique pas et le dimensionnement passe par une autre justification.

Le primaire d'accrochage n'est pas une option

Sur béton brut comme sur structure métallique, les produits s'appliquent après un primaire d'accrochage nommément désigné par le fabricant. Ce n'est pas une précaution de chantier, c'est une condition du PV : sans le primaire prévu, la performance annoncée n'est plus justifiée.

Un devis qui ne fait pas apparaître ce poste sous-estime le chantier. C'est l'une des différences de prix qu'on retrouve quand deux offres semblent s'écarter sans raison apparente.

Préparer un support béton

En sous-face, le revêtement travaille à l'envers de la gravité pendant toute sa durée de vie. L'adhérence est donc le seul sujet qui compte, et elle se joue sur l'état du support.

  • Les résidus d'huile de décoffrage sont l'ennemi numéro un sur un béton neuf. Ils ne se voient pas et empêchent toute accroche durable.
  • Le laitance et le béton farinant se retirent avant projection, sinon le flocage adhère à une couche qui se détache elle-même.
  • Les anciens revêtements, peintures ou enduits, doivent être évalués : leur propre tenue devient celle du flocage.
  • L'humidité impose un support sain et hors d'eau. Les produits s'appliquent entre 5 et 45 °C, et le séchage demande un local ventilé.

Nous relevons systématiquement ces points à la visite, parce qu'ils se voient sur place et jamais sur un plan. La méthode de calcul des épaisseurs est détaillée sur notre page flocage coupe-feu.

Où nous l'appliquons

  • Parkings souterrains sous immeubles d'habitation, le cas le plus fréquent en copropriété francilienne. Voir flocage de plafond.
  • Planchers hourdis en réhabilitation, dans le parc des années 1950 à 1980.
  • Sous-faces de dalles en tertiaire et en ERP, lors d'une mise en conformité.
  • Poutres et retombées traitées séparément de la dalle qu'elles portent.
  • Structures mixtes acier-béton, où le plancher et la charpente relèvent de deux calculs différents.

Si le plancher porte déjà un revêtement projeté et que l'immeuble date d'avant 1997, la première question à poser est celle de l'amiante : voir flocage amiante.

Questions fréquentes

Faut-il floquer un plancher béton ?

Pas systématiquement. Le béton résiste déjà bien au feu grâce à son inertie et à l'enrobage des aciers, et une dalle épaisse tient souvent son degré sans protection rapportée. Le flocage devient nécessaire quand l'enrobage est insuffisant, quand la dalle est mince, quand le degré exigé dépasse ce que la structure atteint seule, ou après une modification qui a réduit la section. C'est la note de calcul qui tranche, pas une règle générale.

Quelle épaisseur de flocage sur une dalle béton ?

Sur dalle béton d'au moins 12 cm, le PV d'Isoflam SM donne 15 mm pour REI 60 et REI 90, 20 mm pour REI 120, 25 mm pour REI 180 et 30 mm pour REI 240. Avec Rokisol P, c'est 15 mm jusqu'à REI 120, 20 mm pour REI 180 et 25 mm pour REI 240. Ces valeurs sont celles des procès-verbaux des produits ; chaque chantier fait l'objet d'une note de calcul qui vérifie que les conditions du PV sont réunies.

Le flocage tient-il sur du béton brut ?

Oui, le béton brut est le support de référence du flocage projeté. Il demande un dépoussiérage soigné et l'application d'un primaire d'accrochage, qui n'est pas une option mais une condition du PV. Un béton resté huileux après décoffrage, laité ou farinant doit être préparé avant toute projection, sans quoi le revêtement se décollera par plaques.

Un plancher hourdis peut-il être floqué ?

Oui. Le PV d'Isoflam SM couvre le plancher hourdis brique et poutrelles béton de REI 30 à REI 240, avec 15 mm jusqu'à REI 60, 25 mm pour REI 90, 31 mm pour REI 120 et 42 mm au-delà. C'est un cas fréquent en réhabilitation d'immeubles franciliens des années 1950 à 1980.

Pourquoi le béton demande-t-il moins d'épaisseur que l'acier ?

Parce que les deux matériaux se comportent différemment au feu. L'acier perd rapidement sa résistance mécanique en montant en température, et un profil élancé chauffe vite : son épaisseur de flocage dépend de son facteur de massiveté. Le béton, lui, est massif et mauvais conducteur : il monte lentement en température et protège ses armatures par son propre enrobage. Le flocage vient compléter cette inertie, pas la remplacer.

Un plancher béton à protéger ?

Nous relevons le support, calculons les épaisseurs par élément et remettons le dossier de justification. Les 8 départements franciliens et l'Oise.

Appeler